Sujet : Les limites du "do it yourself" (faites-le vous même)
Je désire ouvrir une réflexion concernant les problèmes et disfonctionnements rencontrés ainsi que des solutions à y apporter.
Il arrive un moment où les solutions de ces pannes et disfonctionnement dépassent nos compétences, voir les compétences des agents et concessionnaires de la marque et il est hasardeux de vouloir à toute force réparer soi-même des éléments si complexes qu'une boite auto ou un boitier ABS par exemple.
Lorsqu'on ouvre le manuel d'atelier d'une boite de vitesse ultrasimple comme une boite manuelle d'ancienne BMW R80RT (moto) par exemple et qu'on lit les prescriptions qui accompagnent le démontage et le remontage des éléments de cette boite, (comme par exemple chauffer tel synchro à une température de 80°+-5° et refroidir à l'azote le pignon correspondant durant 15 secondes avant assemblage), on s'aperçoit très vite que même en ayant les compétences, il faut du matériel, de l'outillage spécialisé et que si on ne possède ni l'un ni l'autre ou seulement l'un des deux, il faut laisser tomber et faire "appel à l'équipe".
Nos voitures possèdent des technologies dont la majeure partie des réparations sont au-delà des connaissances du propriétaire lambda et il y a une différence entre faire un travail de pro et bricoler. Si on peut accepter une coulée de peinture ou de la peau d'orange sur la réparation d'un élément de carrosserie, on ne peut admettre ce genre d'approximations lorsqu'on travaille sur des éléments de sécurité tels que les freins la direction ou la suspension.
Un autre exemple:
Savez-vous qu'avant que les constructeurs ne soient obligés d'équiper les circuits électriques des installations audio des voitures de connecteurs standardisés, la première cause d'incendie dans les voitures était le montage bricolé des autoradios, la seconde étant les installations électriques des attaches de remorquage et des phares additionnels.
Je vois souvent dans des tutoriaux, des installations faites au moyen de "sucres" ou de connecteurs "voleurs", il n'y a rien de pire, les vis des "sucres" risquent de se dévisser et de créer un court-circui lorsque le câble positif se fait la malle et part flirter avec la masset, les "voleurs"augmentent la résistivité du câblage et modifient les paramètres des capteurs, entraînant des réactions erronées des systèmes de gestion et des sapin de noël au tableau de bord.
Avant de procéder à l'installation d'un composant non d'origine et/ou non branché sur une connexion d'origine, il est important de lire le plan de câblage du véhicule,
surtout en "can- bus".
Pour gagner du poids, cela fait des années que les constructeurs limitent à quelques centaines de milliampères les tolérances de leurs câblages et dans le futur, lorsque la fibre optique sera généralisée pour des raisons de coût (le verre est moins cher que le cuivre), il sera impossible d'ajouter quoique ce soit qui n'ait pas été prévu par le constructeur et rien ne ressemble plus à une fibre optique gainée qu'un conducteur classique, sauf que si vous coupez dans la fibre optique, un "sucre" ne servira à rien. Et certaines de nos voitures récentes possèdent déjà ces liaisons.
Tout ceci pour dire qu'il faut être certain de la qualité de son diagnostic de panne et de la qualité de sa réparation avant de remettre en circulation une voiture dont les freins, la direction, la transmission, la suspension ou le circuit électrique ont été réparé. Il y va de votre sécurité et de celle des autres usagers.
Parfois le mieux est l'ennemi du bien et il est moins cher de faire appel à un pro que de faire soi-même pour constater que tout est foutu... Par manque de connaissances ou de savoir-faire.
Bonne route tout de même et ménagez vos belles, ça vous coûtera moins cher.
